Centre d’analyse, de prévision et de stratégie — Étude 29 mars 2026
Table des matières
- Résumé
- Le surplus record : état des lieux
- Premier et second choc chinois : ce qui a changé
- Trois grilles de lecture du surplus
- La Section 301 comme pression multi-front
- Options européennes
- Le lien risque géopolitique-PME : une vulnérabilité sous-estimée
- Enjeux pour la France
- Recommandations
Résumé
Le surplus commercial chinois a atteint 1 200 milliards de dollars en 2025, un record absolu qui dépasse en proportion du PIB mondial les excédents japonais des années 1980. Les exportations chinoises ont encore progressé de 21,8 pour cent en glissement annuel sur les deux premiers mois de 2026, confirmant l’accélération documentée par le PIIE Working Paper 26-2 sous le terme de « Second China Shock ». Cette note s’appuie sur trois contributions majeures : les travaux de Pol Antràs sur la restructuration des chaînes de valeur, ceux de David Autor sur les mécanismes d’ajustement au premier choc chinois, et l’analyse de Zongyuan Zoe Liu sur la dimension stratégique du surplus manufacturier. Elle propose une anatomie du second choc et en tire les conséquences pour l’Europe et la France. Trois grilles de lecture du surplus sont identifiées : mercantiliste, structurelle et stratégique. L’enquête Section 301, lancée le 12 mars contre soixante pays, est analysée comme un instrument de pression multi-front dont l’Union européenne est autant la cible que la Chine. Les options européennes sont examinées à la lumière de l’instrument anti-coercition et du filtrage des investissements. Enfin, une attention particulière est portée au canal de transmission entre risque géopolitique et fragilité des PME, chaînon manquant de l’analyse conventionnelle.
Le surplus record : état des lieux
L’excédent commercial chinois de 1 200 milliards de dollars enregistré en 2025 constitue un événement structurel, non conjoncturel. Trois dynamiques convergent pour l’expliquer : une politique industrielle ciblée sur les secteurs à forte valeur ajoutée (véhicules électriques, batteries, panneaux solaires, semi-conducteurs), une demande intérieure structurellement déprimée par la crise immobilière et le désendettement des collectivités locales, et un avantage énergétique acquis par l’accès privilégié au pétrole russe, iranien et vénézuélien à prix décotés.1
L’accélération des exportations en janvier-février 2026 (+21,8 pour cent) s’inscrit dans un contexte de front-loading : les entreprises chinoises anticipent le durcissement tarifaire et accélèrent leurs livraisons avant l’entrée en vigueur des mesures annoncées. Ce phénomène, documenté par le PIIE, amplifie temporairement le surplus mais ne le crée pas.2 Le surplus manufacturier chinois hors énergie a doublé entre 2019 et 2025, passant d’environ 600 à plus de 1 000 milliards de dollars, tirant le surplus commercial total vers le record de 1 200 milliards – une trajectoire sans équivalent historique qui dépasse, en proportion du PIB mondial, le pic des excédents japonais de 1986.
La révision par la Chine de sa loi sur le commerce extérieur en mars 2026 ajoute une dimension institutionnelle à cette dynamique. Pékin codifie ses contre-mesures aux sanctions étrangères – listes d’entités, restrictions d’exportation de terres rares, audit de fiabilité des chaînes d’approvisionnement –, se dotant d’un arsenal juridique symétrique à celui des États-Unis et de l’Union européenne.3 Comme le souligne Liu, cette codification transforme une pratique discrétionnaire en politique d’État assumée, rendant les contre-mesures plus prévisibles mais aussi plus difficiles à désamorcer par la négociation bilatérale.
Premier et second choc chinois : ce qui a changé
Le premier choc chinois a été identifié par Autor, Dorn et Hanson dans leur article fondateur de 2013, qui documente la perte de 2,4 millions d’emplois manufacturiers aux États-Unis entre 1999 et 2011, consécutive à l’accession de la Chine à l’OMC.4 Cet article a transformé le débat académique en démontrant que les coûts d’ajustement au libre-échange étaient concentrés géographiquement, persistants et insuffisamment compensés par les mécanismes existants. Il a aussi nourri, avec un décalage d’une décennie, le tournant protectionniste de la politique commerciale américaine.
Le second choc diffère du premier sur au moins quatre dimensions. La rupture est profonde.5
La composition sectorielle a radicalement changé. Le premier choc portait sur des biens à faible et moyenne technologie (textile, meubles, jouets, électronique assemblée) ; le second porte sur des secteurs stratégiques à forte intensité technologique – véhicules électriques, batteries lithium-ion, panneaux solaires, composants de télécommunications – où la Chine occupe désormais la frontière technologique et non plus la position de suiveur à bas coûts.
Plus fondamentalement, l’intentionnalité diffère : le premier choc était le sous-produit d’une intégration commerciale encouragée par les économies avancées elles-mêmes, tandis que le second procède d’une politique industrielle délibérée (Made in China 2025 et ses successeurs) dont le surplus est un résultat recherché, non accidentel.6
La géographie de l’absorption a elle aussi muté. Le premier choc a été principalement absorbé par les États-Unis et, dans une moindre mesure, par l’Europe du Sud. Le second frappe simultanément l’ensemble des économies manufacturières : l’Allemagne dans l’automobile, la Corée du Sud dans les batteries, le Japon dans l’électronique, les pays du Sud global dans les secteurs où la Chine pratique des prix prédateurs financés par les surcapacités internes.
Ironie amère : les mécanismes d’ajustement se sont paradoxalement dégradés depuis le premier choc : le système multilatéral de l’OMC est paralysé, les programmes de Trade Adjustment Assistance ont été réduits aux États-Unis, et l’Union européenne n’a toujours pas déployé d’instrument de compensation comparable au modèle scandinave de flexicurité.
Comme le relève Autor, le premier choc a démontré que les marchés du travail locaux ne s’ajustent pas spontanément aux chocs commerciaux concentrés : les travailleurs déplacés ne migrent pas, les salaires ne convergent pas, et les effets persistent sur deux décennies.7 Le second choc hérite de ces rigidités tout en ajoutant une dimension de sécurité nationale absente du premier. La dépendance aux importations chinoises dans les secteurs critiques – terres rares, principes actifs pharmaceutiques, composants de défense – confère à Pékin un levier de coercition que le Japon des années 1980 n’a jamais possédé.
Trois grilles de lecture du surplus
Le surplus de 1 200 milliards de dollars fait l’objet de trois interprétations concurrentes qui structurent les réponses politiques envisageables.
La grille mercantiliste considère le surplus comme le produit d’une manipulation délibérée des termes de l’échange : taux de changé administré, subventions à l’exportation, dumping social et environnemental, vol de propriété intellectuelle. Cette lecture, dominante dans le discours de l’administration Trump, justifie une réponse symétrique par les tarifs et les restrictions d’accès. Son mérite est la clarté politique, mais elle souffre de deux faiblesses analytiques : elle sous-estimé le rôle de la demande intérieure déprimée dans la génération du surplus, et elle ignore que les tarifs américains fonctionnent comme un impôt régressif sur les consommateurs.
La grille structurelle, portée par les économistes du FMI et de la Banque mondiale, interprète le surplus comme le symptôme d’un déséquilibre macroéconomique interne : excès d’épargne, insuffisance de la protection sociale, contraction de l’investissement immobilier non compensée par la consommation. Cette lecture appelle des réformes internes chinoises – renforcement du filet social, rééquilibrage vers la consommation – plutôt que des mesures coercitives externes. Son point aveugle est qu’elle traite le surplus comme un problème à résoudre alors que, pour une partie de l’appareil d’État chinois, il constitue un objectif.
La grille stratégique, articulée par Liu, soutient que le surplus manufacturier est un instrument de puissance délibérément construit.8 Selon cette lecture, la Chine utilise ses surcapacités comme levier géoéconomique : saturer les marchés mondiaux dans les secteurs stratégiques élimine les concurrents, crée des dépendances et génère un excédent de devises recyclable en prêts bilatéraux renforçant l’influence de Pékin dans le Sud global. La Route de la soie et les prêts chinois aux pays en développement – qui dépassent désormais ceux de l’ensemble du Club de Paris – illustrent ce recyclage stratégique du surplus. Cette grille a l’avantage de rendre compte de la cohérence entre politique industrielle, commerciale et étrangère chinoises, mais elle risque de surestimer la rationalité et l’unité de l’appareil décisionnel de Pékin.
Ces trois grilles ne sont pas mutuellement exclusives. Le surplus résulte de la combinaison d’une politique industrielle intentionnelle, amplifiée par des déséquilibres macroéconomiques internes, dans un contexte de garde-fous multilatéraux défaillants. La réponse européenne doit intégrer cette multi-causalité.
La Section 301 comme pression multi-front
L’enquête Section 301 lancée le 12 mars contre la Chine et soixante pays – dont l’UE, le Mexique, le Canada, le Japon et la Corée du Sud – constitue une rupture avec l’usage traditionnel de cet instrument. Historiquement, la Section 301 visait un pays spécifique pour des pratiques identifiées ; son extension simultanée à soixante pays la transforme en levier de pression systémique dont la cible réelle est ambiguë.
Plusieurs interprétations coexistent.9 La plus évidente : la Section 301 vise principalement la Chine, les pays tiers étant inclus pour contrer les stratégies de contournement (transbordement via le Vietnam, le Mexique ou la Malaisie) documentées par le PIIE et le CEPII.
Lecture plus inquiétante pour Paris : l’enquête vise autant l’UE que la Chine, dans une logique de renégociation de l’accord de Turnberry – en menaçant les exportations européennes, Washington cherche des concessions sur les achats de GNL, les dépenses de défense et l’ouverture des marchés publics. Dernière hypothèse, cynique mais pas absurde : la Section 301 est un instrument de politique intérieure destiné à afficher l’activisme commercial de l’administration avant les midterms de novembre 2026.
La contrainte temporelle renforcé la pression. L’USTR vise une conclusion pour le 24 juillet 2026, date d’expiration de la Section 122 du Trade Act utilisée comme fondement juridique de substitution après l’invalidation de l’IEEPA par la Cour suprême.10 L’architecture tarifaire repose donc sur une base juridique fragile. La pression combinée de la Section 122 (tarif de 10 puis 15 pour cent), des tarifs liés au Groenland sur huit pays européens, et de la Section 301 crée une incertitude maximale pour les exportateurs européens.
Comme le souligne Antràs, cette incertitude est en elle-même un facteur de restructuration des chaînes de valeur.11 Les entreprises ne répondent pas seulement aux tarifs effectifs, mais à la variance anticipée de la politique commerciale. Le raccourcissement des chaînes et la régionalisation s’en trouvent favorisés, au détriment des économies les plus dépendantes du commerce intercontinental.
Options européennes
L’Union européenne n’est pas démunie. Elle dispose de plusieurs instruments pour répondre à la double pression du surplus chinois et du protectionnisme américain.
L’instrument anti-coercition, adopté en décembre 2023, permet à l’UE d’imposer des contre-mesures lorsqu’un pays tiers exerce une coercition économique contre un État membre. Son activation contre les tarifs liés au Groenland constituerait un test de crédibilité majeur. L’instrument n’a cependant jamais été utilisé. Les conditions procédurales de son déclenchement – unanimité au Conseil sur le constat de coercition – pourraient s’avérer paralysantes si certains États membres (Pologne, Italie) privilégient une relation bilatérale avec Washington.
Le filtrage des investissements étrangers, renforcé par la proposition de règlement de février 2024, vise à prévenir l’acquisition d’actifs stratégiques européens par des entités chinoises : ports, réseaux énergétiques, technologies critiques. Cet instrument adresse la dimension patrimoniale du surplus. Les excédents commerciaux se recyclent en investissements directs ciblant des infrastructures critiques. Le renforcement du filtrage est nécessaire mais insuffisant sans politique industrielle européenne capable de maintenir une base productive dans les secteurs stratégiques.
L’autonomie stratégique ouverte, concept-cadre depuis 2020, propose une voie médiane entre protectionnisme et libre-échange inconditionnel. Sa traduction opérationnelle reste insuffisante.12 Les mesures anti-dumping sur les véhicules électriques chinois, adoptées en octobre 2024, ont été contestées par l’Allemagne.
L’industrie automobile allemande dépend du marché chinois pour un tiers de ses ventes mondiales. Ce dilemme entre défense commerciale et accès au marché fracture la cohésion européenne et affaiblit la réponse collective.
Le lien risque géopolitique-PME : une vulnérabilité sous-estimée
L’analyse conventionnelle des chocs commerciaux se concentré sur les effets macroéconomiques et les grandes entreprises exposées au commerce international, sous-estimant un canal de transmission essentiel : l’impact du risque géopolitique sur les PME, qui constituent en Europe 99 pour cent du tissu productif et 65 pour cent de l’emploi manufacturier.
Les travaux récents identifient plusieurs canaux de transmission du second choc aux PME.13
Le plus immédiat est la concurrence directe par les prix : les PME sous-traitantes de l’automobile, de l’aéronautique ou de l’électronique font face à une pression chinoise qui s’exerce désormais sur les composants intermédiaires, et non plus seulement sur les produits finis, à mesure que la Chine remonte les chaînes de valeur.
S’y ajoute le canal de l’incertitude, plus insidieux : la volatilité de la politique commerciale américaine et les contre-mesures chinoises créent un environnement dans lequel les PME, dépourvues de veille géopolitique et de capacités de couverture du risque, réduisent leurs investissements et leur exposition internationale.
Enfin, le canal financier achève le tableau. Le resserrement des conditions de crédit lié à la montée des risques géopolitiques affecte en priorité les PME, dont les bilans sont plus fragiles et l’accès au financement plus contraint.
Ce triple canal transforme le second choc en facteur de fragilisation du tissu productif européen, bien au-delà des secteurs directement exposés au commerce avec la Chine. Les politiques d’accompagnement – garanties de crédit, dispositifs de veille, diversification des fournisseurs – restent calibrées sur le premier choc et n’intègrent pas la dimension géopolitique du second.
Enjeux pour la France
La France est exposée au second choc par quatre canaux spécifiques.
Le secteur automobile, en pleine transition électrique, fait face à des véhicules électriques chinois dont le coût de production est inférieur de 30 à 40 pour cent à celui des modèles européens, un écart que les droits anti-dumping de l’UE ne compensent que partiellement.
Le secteur aéronautique est directement concerné par la négociation Boeing-Pékin. Un accord de 500 appareils réduirait mécaniquement les commandes Airbus dans le prochain cycle d’investissement des compagnies aériennes chinoises.
Le secteur du luxe, dont la Chine représente 25 à 35 pour cent des ventes mondiales, est vulnérable aux mesures de rétorsion que la nouvelle loi chinoise rend juridiquement explicites.
Enfin, le tissu de PME sous-traitantes, déjà fragilisé par la hausse des coûts énergétiques post-2022, constitue le maillon faible de la chaîne de transmission.
La présidence française du G7 confère toutefois un levier d’initiative. Le sommet Leaders d’Évian (15-17 juin) offre une plateforme pour proposer une coordination qui dépasse le chacun-pour-soi tarifaire. La France peut jouer un rôle de médiation entre l’Allemagne, freinée par sa dépendance au marché chinois, et les pays d’Europe du Sud et de l’Est dont l’industrie est directement menacée par les surcapacités.
Recommandations
En priorité, la Direction générale du Trésor et le CEPII devraient produire avant le sommet d’Évian une cartographie sectorielle de l’exposition française. Celle-ci distinguerait les effets directs (concurrence sur les marchés finaux), indirects (composants intermédiaires) et de détournement (réorientation des exportations chinoises vers l’Europe en cas d’accord sino-américain). La dimension PME, absente des analyses existantes, devrait y figurer explicitement.
Sur le volet chinois, le MEAE devrait commander une analyse des implications de la nouvelle loi chinoise sur le commerce extérieur, en coordination avec le Service économique régional de Pékin. L’objectif : évaluer la crédibilité et la portée des contre-mesures chinoises en cas de durcissement européen.
À Évian, la présidence française du G7 devrait inscrire à l’agenda d’Évian un mécanisme de coordination sur les instruments de défense commerciale, en associant la Commission européenne (DG Trade) et en s’appuyant sur les données du PIIE. L’objectif : prévenir un commerce administré sino-américain dont l’Europe supporterait les coûts.
Pour les PME, Bpifrance et la DGE devraient adapter les dispositifs d’accompagnement des PME pour intégrer la dimension géopolitique. Trois axes prioritaires : veille sur les mesures de rétorsion chinoises, garanties de couverture du risque de politique commerciale, programmes de diversification des fournisseurs dans les secteurs où la dépendance aux intrants chinois dépasse 50 pour cent.
Sur le plan structurel, la France devrait proposer un « mécanisme européen d’ajustement au choc commercial » inspiré du Trade Adjustment Assistance américain. Cible : les régions et secteurs les plus exposés. Financement : recettes des droits anti-dumping et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
Les analyses exprimées dans cette étude n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement les positions du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
L’avantage énergétique chinois est estimé entre 25 et 40 pour cent sur le coût des intrants pétroliers par rapport aux concurrents européens, selon les calculs du CEPII à partir des données douanières chinoises de 2025. ↩︎
PIIE Working Paper 26-2, « Another China Shock », février 2026. Les auteurs documentent un front-loading de 8 à 12 pour cent du volume annuel d’exportations dans les deux premiers mois de 2026. Voir aussi Chad P. Bown, « Reciprocity and the China Shock », 2024, pour l’analyse des mécanismes de réciprocité tarifaire dans le contexte du choc chinois. ↩︎
La loi révisée sur le commerce extérieur de la République populaire de Chine, adoptée par le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire le 7 mars 2026, codifie notamment les mesures de rétorsion prévues par la « loi anti-sanctions étrangères » de juin 2021. ↩︎
David H. Autor, David Dorn et Gordon H. Hanson, « The China Syndrome: Local Labor Market Effects of Import Competition in the United States », American Economic Review, vol. 103, n° 6, 2013, pp. 2121-2168. ↩︎
Nicholas Bloom, « The China Shock Revisited », Journal of the Japanese and International Économies, 2024, réévalue l’ampleur du premier choc et documente la transformation des mécanismes de transmission. ↩︎
Zongyuan Zoe Liu, « China’s Manufacturing Surplus Is a Feature, Not a Bug », Foreign Affairs, mars 2026. ↩︎
David H. Autor, David Dorn et Gordon H. Hanson, « When Work Disappears: Manufacturing Décliné and the Falling Marriage Market Value of Young Men », American Economic Review: Insights, vol. 1, n° 2, 2019, pp. 161-178. ↩︎
Zongyuan Zoe Liu, « China’s Manufacturing Surplus Is a Feature, Not a Bug », op. cit. ↩︎
Adrien Auclert et al., « The Macroeconomics of Tariff Shocks », 2025, modélisent les effets d’équilibre général des chocs tarifaires sur l’inflation et la production. Stefanie Stantcheva, « The 2025 US Tariffs: Perceptions, Understanding, and Policy Views », 2025, documente les perceptions et effets distributifs. ↩︎
La Section 122 du Trade Act de 1974 autorise le président à imposer des tarifs temporaires (jusqu’à 15 pour cent, pour 150 jours) en cas de « large and serious » déficit de la balance des paiements, sans déclaration d’urgence nationale. ↩︎
Pol Antràs et Davin Chor, « Global Value Chains », in Gita Gopinath, Elhanan Helpman et Kenneth Rogoff (dir.), Handbook of International Economics, vol. 5, Elsevier, 2022. ↩︎
Chad P. Bown, « Trade Policy, Industrial Policy, and the Economic Security of the European Union », PIIE Working Paper, 2024, analyse les instruments de politique commerciale et industrielle disponibles pour l’UE dans le contexte de la rivalité sino-américaine. Sur l’impact des exportations automobiles chinoises sur la production européenne, voir Thierry Mayer et al., « Chinese Auto Export Boom and Local Production in Europe », 2024. ↩︎
Dario Caldara et Matteo Iacoviello, « Measuring Geopolitical Risk », American Economic Review, 2022, fournissent l’indice GPR utilisé pour mesurer la transmission du risque géopolitique à l’activité économique. Sur l’impact des chocs commerciaux via les chaînes de valeur, voir Andrei Levchenko, Trang Bui, Zhen Huo et Nitya Pandalai-Nayar, « Noisy Global Value Chains », Annual Review of Economics, 2025, et Isabelle Méjean et al., « Identifying European Trade Dependencies », CEPR, 2024. ↩︎