Résumé exécutif
Edward Fishman, directeur du Centre de géoéconomie du Council on Foreign Relations, propose dans Foreign Affairs (mai-juin 2026) un cadre opérationnel pour la guerre économique entre alliés occidentaux : la « fragmentation coordonnée ». Sa doctrine repose sur trois piliers — les goulets d’étranglement stratégiques comme catégorie de puissance, la coordination inter-alliés des sanctions et contrôles à l’exportation, et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement critiques.
Le cadre Fishman présente trois angles morts majeurs pour l’Europe. Les goulets d’étranglement stratégiques sont massivement concentrés sous contrôle américain (47 % des paiements SWIFT en dollars). La coordination proposée est à sens unique (IRA, tarifs Section 122 frappant les alliés autant que les rivaux). Le coût de la fragmentation pèse disproportionnellement sur les économies européennes (prix de l’énergie +30-40 % par rapport à l’avant-guerre) et les pays en développement.
L’UE dispose d’un embryon de doctrine propre : Stratégie de sécurité économique, Instrument anti-coercition, « goulets inversés » (marché unique, standards réglementaires). Trois scénarios pour Évian : convergence transatlantique (risque de subordination), autonomie européenne (risque de naïveté), ou fragmentation subie (le plus probable et le plus coûteux). La France devrait proposer une cartographie européenne des goulets, conditionner la coordination des sanctions à la réciprocité commerciale, et ancrer la sécurité économique dans un cadre inclusif intégrant les économies émergentes.
1. Pourquoi ce sujet, pourquoi maintenant
1. La publication par Edward Fishman dans Foreign Affairs (mai-juin 2026) intervient dans un contexte de triple convergence : la guerre économique est devenue un instrument permanent des grandes puissances, le G7 d’Évian cherche un vocabulaire commun, et le coût de la fragmentation géoéconomique se matérialise dans les fondamentaux macroéconomiques1. Les sanctions contre la Russie depuis 2022, le découplage technologique sino-américain et le choc pétrolier d’Ormuz de mars 2026 ont fait de la coercition économique un instrument permanent de la politique étrangère. La présidence française du G7, qui culminera au sommet d’Évian les 15-17 juin 2026, cherche un vocabulaire commun pour articuler sécurité économique et coopération entre alliés2. Le PIIE a révisé la croissance mondiale à 3,0 % pour 2026, avec des prix de l’énergie toujours supérieurs de 30 à 40 % aux niveaux d’avant-guerre3.
2. L’article de Fishman n’est pas une contribution académique de plus sur les sanctions — c’est un manuel opérationnel qui fournit un cadre conceptuel, la « fragmentation coordonnée », pour organiser la guerre économique entre alliés occidentaux4. La question pour l’Europe, et singulièrement pour la France en tant que présidente du G7, est celle-ci : cette doctrine constitue-t-elle une opportunité de convergence transatlantique ou un piège doctrinal qui enfermerait les Européens dans une architecture américaine ?
3. Son expérience au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du Quai d’Orsay a forgé la conviction que les cadres conceptuels américains en matière de politique étrangère économique doivent être évalués non seulement pour leur cohérence interne, mais aussi pour les asymétries qu’ils créent entre ceux qui les produisent et ceux qui les adoptent. C’est cette grille de lecture — production de normes versus adoption de normes — que cette note applique à la doctrine Fishman.
2. La doctrine Fishman : anatomie d’un cadre conceptuel
2.1. Les goulets d’étranglement stratégiques comme catégorie de puissance
4. Le concept central de Fishman transpose la logique des goulets d’étranglement géographiques — Bosphore, Ormuz, Malacca — aux nœuds critiques de l’économie mondiale5. Trois domaines structurent cette cartographie : le système financier fondé sur le dollar (SWIFT, correspondance bancaire, compensation en dollars), les technologies avancées (semi-conducteurs, logiciels de conception, équipements de lithographie) et les chaînes d’approvisionnement énergétiques (assurance maritime, réassurance, certification de cargaisons).
5. L’innovation conceptuelle réside dans l’idée que ces goulets d’étranglement ne sont pas des accidents de marché mais des sources de pouvoir exploitables. Contrairement à l’approche classique de l’interdépendance, qui voit dans les nœuds économiques des facteurs de paix, Fishman s’inscrit dans une lignée intellectuelle qui analyse l’interdépendance asymétrique comme productrice d’« armes d’interdépendance » mobilisables à des fins coercitives6. La cartographie des goulets d’étranglement stratégiques devient ainsi un exercice de puissance, pas de coopération.
2.2. La fragmentation coordonnée
6. La deuxième proposition structurante est la « fragmentation coordonnée » : organiser la rupture avec la mondialisation intégrée plutôt que la subir, en construisant entre alliés des chaînes d’approvisionnement de confiance et en alignant sanctions, contrôles à l’exportation et politiques industrielles7. Fishman reconnaît que l’ère de l’hypermondialisation est terminée. Contrairement au système de Bretton Woods, où les grandes puissances avaient négocié des règles partagées et des institutions communes, le nouveau système prend forme de manière désordonnée, par des actes unilatéraux de coercition économique.
7. Cette proposition a le mérite de la franchise. Elle abandonne la fiction d’un retour au multilatéralisme commercial et propose un cadre réaliste pour gérer un monde de blocs — mais elle soulève trois questions que l’article n’aborde pas de front, et qui sont précisément celles que la présidence française du G7 devrait poser.
2.3. L’architecture des sanctions comme système
8. Le troisième pilier de la doctrine Fishman concerne l’architecture des sanctions elle-même. L’auteur recommande que les États-Unis coordonnent leurs sanctions avec l’Union européenne pour empêcher le dollar de porter une « prime de risque géopolitique » par rapport aux autres monnaies de réserve8. En d’autres termes : la crédibilité du dollar comme instrument de coercition suppose que les alliés partagent le coût de l’application des sanctions, faute de quoi les cibles chercheront des alternatives (yuan, crypto-monnaies, troc structuré).
9. L’expansion du système chinois CIPS, qui a atteint 1 800 institutions participantes en 2025, démontre que l’usage excessif du levier dollar accélère la construction d’infrastructures concurrentes9. Mais la solution Fishman — mieux coordonner pour mieux sanctionner — présuppose un alignement stratégique transatlantique qui n’existe pas dans les faits.
3. Ce que Fishman ne dit pas : les trois angles morts
3.1. L’asymétrie fondamentale des goulets d’étranglement stratégiques
10. Premier angle mort : les goulets d’étranglement stratégiques sont massivement concentrés sous contrôle américain. Le dollar représente 47 % des paiements internationaux via SWIFT (données 2025)10. Les équipements de lithographie extrême ultraviolet (EUV) d’ASML, seul fabricant mondial, sont soumis aux contrôles à l’exportation américains via des accords trilatéraux avec les Pays-Bas et le Japon. L’assurance maritime de la Lloyd’s, bien que basée à Londres, opère dans un cadre réglementaire fortement influencé par l’OFAC du Trésor américain.
11. Adopter la doctrine Fishman, c’est accepter de jouer dans un système où les règles, les instruments et les leviers sont conçus par et pour les États-Unis. Pour l’Europe, la fragmentation coordonnée risque de se transformer en subordination coordonnée : les Européens participeraient à l’application d’une stratégie dont ils n’auraient pas défini les objectifs, les cibles ni les lignes rouges.
3.2. L’absence de réciprocité dans la coordination
12. Deuxième angle mort : Fishman appelle à la coordination, mais l’expérience récente montre que Washington entend coordonner dans un seul sens. L’Inflation Reduction Act (IRA) de 2022, avec ses subventions massives conditionnées à la production sur le sol américain, a constitué un choc asymétrique pour l’industrie européenne, estimé à 396 milliards de dollars de déplacement potentiel de production selon Bruegel11. Les tarifs « réciproques » du Liberation Day (2 avril 2025) ont frappé les alliés européens autant que les adversaires désignés. La Section 122 du Trade Act, utilisée comme substitut après l’invalidation de l’IEEPA par la Cour suprême (février 2026), maintient un tarif uniforme de 10 % sans distinction entre alliés et rivaux12.
13. Comment coordonner une guerre économique avec un allié qui vous traite comme un adversaire commercial ? Cette question, absente de l’article de Fishman, est pourtant la question centrale de la politique économique européenne depuis trois ans.
3.3. Le coût de la fragmentation pour les économies intermédiaires
14. Troisième angle mort : la fragmentation coordonnée suppose que les économies du G7 peuvent absorber le surcoût de la réorganisation des chaînes de valeur — or ce coût pèse disproportionnellement sur l’Europe. Le PIIE estime que les prix de l’énergie restent supérieurs de 30 à 40 % aux niveaux d’avant-guerre, un différentiel qui affecte disproportionnément l’industrie européenne par rapport à l’industrie américaine, bénéficiaire de gaz naturel domestique à bas prix13. Le concept de « sécuritisation du commerce », identifié par le PIIE et articulé par Chrystia Freeland, décrit un monde où « l’instrumentalisation coercitive du commerce est réelle » et où les dépendances économiques doivent être repensées14.
15. Mais cette repensée a un coût que Fishman sous-estime. Pour les pays en développement — qui ne figurent pas dans sa cartographie mais qui sont les premiers affectés par la fragmentation des chaînes de valeur — le monde de Fishman est un monde où le commerce international devient un instrument de coercition plutôt qu’un vecteur de développement. La France, en tant que présidente du G7, ne peut ignorer cette dimension si elle veut maintenir sa crédibilité auprès des pays du Sud global invités à Évian.
4. L’Europe entre deux doctrines : sécurité économique et souveraineté
4.1. La doctrine européenne en formation
16. L’Union européenne n’est pas dépourvue de cadre conceptuel propre : la Stratégie européenne de sécurité économique (juin 2023, renforcée en décembre 2025) place pour la première fois explicitement la résilience et l’autonomie stratégique au-dessus de l’efficience économique15. L’Instrument anti-coercition (ACI), entré en vigueur en décembre 2023, fournit un outil de rétorsion commerciale qui, bien qu’encore inutilisé, signale une nouvelle assertivité européenne16.
17. La Commission a commencé à identifier les « goulets inversés » — les nœuds sous contrôle européen qui pourraient servir de leviers dans des confrontations économiques. Le marché unique de 450 millions de consommateurs, l’accès aux marchés publics européens, les standards réglementaires (RGPD, CBAM, taxonomie verte) constituent des actifs de puissance que Fishman ne mentionne pas dans sa cartographie, précisément parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre américain.
4.2. Le Bruegel de Wolff : indifférence technique, irresponsabilité politique
18. La position de certains économistes européens illustre le piège intellectuel. L’argument selon lequel l’économie reste « indifférente au péage si l’offre tient » est techniquement défendable à court terme mais politiquement irresponsable17. L’indifférence économique au péage iranien sur le détroit d’Ormuz revient à accepter qu’un État puisse taxer unilatéralement le commerce international en exploitant un goulet d’étranglement géographique — exactement le type de précédent que la doctrine Fishman prétend combattre quand les adversaires le font, mais que certains analystes européens semblent prêts à tolérer quand le coût est supportable.
19. Cette incohérence révèle un problème plus profond : l’Europe n’a pas encore décidé si elle veut être un acteur de la guerre économique ou un arbitre du système commercial. La doctrine Fishman force ce choix.
5. Trois scénarios pour Évian
5.1. Scénario de convergence : le cadre géoéconomique franco-américain
20. Dans ce scénario, la France utilise la présidence du G7 pour proposer un « Pacte géoéconomique d’Évian » qui intègrerait des éléments de la doctrine Fishman — cartographie partagée des goulets d’étranglement stratégiques, coordination des régimes de sanctions, sécurisation des chaînes d’approvisionnement critiques — tout en les inscrivant dans un cadre multilatéral. Le G7 Commerce, réuni à Paris les 5-6 mai 2026 autour de quatre priorités (surcapacités industrielles, pratiques non-marchandes, commerce électronique, minéraux critiques), a posé les bases de cette approche18.
21. L’avantage : créer un vocabulaire commun avec Washington sur la sécurité économique. Le risque : adopter un cadre conceptuel américain qui légitime les instruments unilatéraux (tarifs, sanctions extraterritoriales) que l’Europe subit elle-même.
5.2. Scénario d’autonomie : la doctrine européenne comme alternative
22. Dans ce scénario, la France propose à Évian un cadre distinct, fondé sur la spécificité européenne : régulation plutôt que coercition, standards plutôt que sanctions, marché unique comme levier plutôt que dollar comme arme. L’ACI devient l’instrument central, complété par le CBAM (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), le règlement sur les subventions étrangères et le filtrage des investissements.
23. L’avantage : préserver la cohérence entre la politique commerciale et les valeurs européennes (État de droit, multilatéralisme, transition climatique). Le risque : paraître naïf face à des adversaires qui pratiquent la coercition économique sans scrupules, et face à un allié américain qui ne reconnaît pas la neutralité.
5.3. Scénario de fragmentation subie : l’absence de doctrine
24. Dans ce scénario — le plus probable en l’absence d’initiative forte — la France et l’Europe naviguent sans doctrine, réagissant aux initiatives des autres sans en proposer. Sanctions coordonnées quand Washington l’exige (Russie), résistance passive quand les tarifs frappent (Section 122), accommodement quand le coût de la confrontation est trop élevé (Ormuz).
25. C’est le scénario par défaut et le plus coûteux à long terme : il accumule les concessions sans construire de levier et érode la crédibilité de l’Europe comme acteur géoéconomique autonome.
6. Recommandations : ce que la France devrait proposer à Évian
26. Premièrement, établir une cartographie européenne des goulets d’étranglement stratégiques, distincte de la cartographie Fishman. L’UE contrôle des nœuds critiques — accès au marché unique, certification réglementaire, standards technologiques — qui n’apparaissent pas dans la grille américaine. Les identifier publiquement, c’est signaler que l’Europe dispose de ses propres instruments de puissance économique.
27. Deuxièmement, conditionner la coordination des sanctions à la réciprocité commerciale. L’Europe ne peut pas continuer à appliquer les sanctions décidées à Washington tout en subissant les tarifs décidés à Washington. Le principe devrait être simple : la coordination dans la guerre économique suppose l’absence de guerre économique entre alliés. Tant que la Section 122 frappe les exportations européennes, l’alignement automatique sur les sanctions américaines devrait être suspendu.
28. Troisièmement, proposer un « Code de conduite géoéconomique du G7 » qui distingue explicitement les instruments défensifs des instruments offensifs. La doctrine Fishman mélange protection des chaînes critiques et sanctions offensives. Les séparer permettrait de construire un consensus G7 sur le défensif — réaliste — sans s’enfermer dans un alignement offensif — dangereux.
29. Quatrièmement, inclure les économies émergentes dans le cadre. Le G7 d’Évian a invité le Kenya et l’Inde, et potentiellement le Brésil et la Corée du Sud19. La France peut utiliser ces invitations pour ancrer la sécurité économique dans un cadre inclusif — ce que la doctrine Fishman, conçue pour un club d’économies avancées, ne fait pas. La crédibilité de la France auprès du Sud global en dépend.
Conclusion
30. L’article de Fishman fournit un cadre intellectuel puissant pour penser la guerre économique — mais un cadre conceptuel n’est jamais neutre : il reflète les intérêts, les capacités et les priorités de celui qui le produit. Adopter sans adaptation la doctrine Fishman, c’est accepter de jouer une partie dont les Américains ont écrit les règles, choisi les pièces et défini les objectifs.
31. La France dispose des ressources intellectuelles et institutionnelles pour proposer une alternative — pas une opposition, mais une reformulation qui intègre la spécificité européenne : un marché unique comme levier, des standards comme arme douce, une tradition multilatérale comme cadre de légitimité. Le sommet d’Évian, dans un mois, est l’occasion de le démontrer. L’enjeu n’est pas de refuser la guerre économique — elle est là, qu’on le veuille ou non. L’enjeu est de refuser que d’autres en écrivent seuls les règles.
Edward Fishman, « How to Fight an Economic War: A Field Manual for a Ruptured World », Foreign Affairs, mai-juin 2026. ↩︎
Programme de la présidence française du G7, site officiel de l’Élysée, elysee.fr/G7evian. ↩︎
PIIE, « Global Economy to Slow in 2026, and Outlook Clouded by War, Other Uncertainties », RealTime Economics, printemps 2026. ↩︎
Edward Fishman est Senior Fellow et directeur du Maurice R. Greenberg Center for Geoeconomics au Council on Foreign Relations ; auteur de Chokepoints: American Power in the Age of Economic Warfare (Penguin Random House, 2025). ↩︎
Edward Fishman, Chokepoints: American Power in the Age of Economic Warfare, Penguin Random House, février 2025. ↩︎
L’approche classique de l’interdépendance comme facteur de paix est formulée par Robert Keohane et Joseph Nye dans Power and Interdependence (1977). La réinterprétation en termes d’« armes d’interdépendance » est proposée par Henry Farrell et Abraham Newman, « Weaponized Interdependence: How Global Economic Networks Shape State Coercion », International Security, vol. 44, n. 1, 2019. ↩︎
Fishman, « How to Fight an Economic War », op. cit. ↩︎
Ibid. ↩︎
Données CIPS (Cross-Border Interbank Payment System), rapport annuel 2025. Sur l’expansion du CIPS, voir aussi « À qui profitent les sanctions ? », erickilama.com, mars 2026. ↩︎
SWIFT, RMB Tracker, données décembre 2025. ↩︎
Bruegel, « The European Response to the US Inflation Reduction Act », Policy Contribution, 2023. ↩︎
Sur l’invalidation de l’IEEPA et le basculement vers la Section 122, voir « Liberation Day +1 : le protectionnisme comme nouvelle normalité », erickilama.com, avril 2026. ↩︎
PIIE, « Global Economy to Slow in 2026 », op. cit. ↩︎
Chrystia Freeland, « The Securitization of Trade: Where Is Globalization Going? », intervention au PIIE, 2026. ↩︎
Commission européenne, « European Economic Security Strategy: Update », décembre 2025. Voir aussi ECFR, « Understanding the EU’s New Economic Security Playbook », 2026. ↩︎
Instrument anti-coercition (ACI), Règlement (UE) 2023/2675, entré en vigueur le 27 décembre 2023. ↩︎
Sur le débat indifférence économique vs. impératif politique à Ormuz, voir « Mission navale franco-britannique et doctrine anti-péage : le droit de la mer comme arme diplomatique », erickilama.com, mai 2026. ↩︎
G7 Commerce, Paris, 5-6 mai 2026. Communiqué du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 5 mai 2026. ↩︎
52e sommet du G7, Évian-les-Bains, 15-17 juin 2026. Invitations confirmées : Kenya, Inde ; potentielles : Brésil, Corée du Sud. ↩︎