Policy · Note analytique

Au-delà du consensus : vulnérabilités et angles morts du nouvel agenda du financement du développement

| Note analytique | 16 min de lecture
By Eric Gabin Kilama

Quatre décennies de programmes de développement, des centaines de milliards d'APD déboursées, des réformes institutionnelles successives — et pourtant, à chaque choc systémique (1997, 2008, 2014, 2020), les mêmes pays s'effondrent, les mêmes mécanismes d'urgence sont activés, les mêmes promesses sont formulées. Le bilan structurel est sévère.

Résumé exécutif

À l’attention de la Présidence française du G7 Contribution d’expertise — Mars 2026


Un système en crise de crédibilité — et désormais en contraction

Quatre décennies de programmes de développement, des centaines de milliards d’APD déboursées, des réformes institutionnelles successives — et pourtant, à chaque choc systémique (1997, 2008, 2014, 2020), les mêmes pays s’effondrent, les mêmes mécanismes d’urgence sont activés, les mêmes promesses sont formulées. Le bilan structurel est sévère. L’aide n’a pas, à elle seule, modifié les trajectoires structurelles des pays qu’elle prétend transformer — même si l’absence de contrefactuel (que se serait-il passé sans APD ?) interdit de conclure à son inefficacité absolue. La part du manufacturier dans le PIB de l’Afrique subsaharienne est passée d’environ 15 % dans les années 1980 à environ 10 % — une désindustrialisation prématurée documentée par Rodrik, dont les causes sont multiples et encore insuffisamment comprises dans le contexte africain. Rodrik et al. (2025) montrent notamment, à partir de données d’entreprises en Tanzanie et en Éthiopie, que le « puzzle manufacturier » résulte d’une dichotomie entre grandes entreprises productives mais peu créatrices d’emplois et petites entreprises absorbant l’emploi sans gains de productivité — un diagnostic qui appelle des politiques industrielles ciblées plus que des transferts de capitaux.1 L’emploi informel absorbe la quasi-totalité de la croissance démographique. Si l’instrument était efficace à l’échelle systémique, quatre décennies auraient dû produire des résultats structurels visibles. À l’agrégé, elles n’en ont produit ni en résilience ni en transformation productive — même si des succès sectoriels et nationaux documentés (vaccinations, mortalité infantile, accès à l’éducation) nuancent le bilan au niveau micro.

Ce constat n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que le système est désormais soumis simultanément à un stress-test institutionnel et à une contraction budgétaire sans précédent depuis les années 1990. L’APD des pays du CAD s’est établie à 212,1 milliards de dollars en 2024, soit 0,33 % du RNB combiné, en baisse de 7,1 % en termes réels par rapport à 2023.2 Les projections de l’OCDE pour 2025 anticipent une contraction supplémentaire de 9 à 17 %, ce qui constituerait le recul le plus sévère en trois décennies. La fenêtre se referme. Le webinaire de données de l’OCDE du 9 avril confirmera ou infirmera l’extrémité haute de cette fourchette, quatre jours avant l’ouverture des Spring Meetings du FMI et de la Banque mondiale (13-18 avril). Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance de réallocation budgétaire au profit de la défense, formalisée par ReArm Europe (800 milliards d’euros à l’horizon 2030). Plusieurs éléments distinguent l’épisode actuel des précédents : un concurrent budgétaire durable (réarmement européen), la fragmentation institutionnelle du système (stress-test USAID), et l’érosion du consensus normatif autour de l’objectif de 0,7 %. Ce n’est pas une crise conjoncturelle. C’est un changement de régime.

Le gel de l’USAID par l’administration Trump début 2025 — affectant des milliards de dollars de programmes dans plus de cent pays — a révélé une fragilité fondamentale : un système qui dépend pour un quart de ses flux d’un seul donateur hégémonique, lequel peut les suspendre unilatéralement du jour au lendemain, n’est pas un partenariat — c’est une dépendance. La guerre en Iran ajoute une pression fiscale directe sur les pays donateurs — dépenses de défense, subventions énergétiques — qui rend la défense du plancher APD politiquement encore plus difficile.3 L’effet indirect du conflit iranien, via la hausse des prix de l’énergie et son impact sur les économies importatrices du Sud, pourrait dépasser l’effet direct sur les budgets des donateurs.3 Les pays du Sud Global en tirent la conclusion logique : diversifier vers les alternatives chinoises, arabes et indiennes, qui présentent leurs propres limites (surendettement BRI, opacité des conditions, clauses de collatéralisation) mais n’ont jamais gelé leurs décaissements sans préavis. Dreher et al. (2018) montrent cependant que les logiques d’allocation de l’aide chinoise ne diffèrent pas fondamentalement de celles des donateurs occidentaux — la distinction porte moins sur les motifs que sur les modalités et la prévisibilité. On peut le déplorer. On ne peut pas l’ignorer.

Le G7 2026 intervient dans ce contexte de double crise — crise de confiance et contraction budgétaire. La question n’est plus « combien de capital peut être mobilisé ? » mais « pourquoi le Sud Global devrait-il encore faire confiance à un système qui ne tient pas ses promesses et qui se contracte ? ». Ce rapport identifié les angles morts que le consensus refuse de nommer et pose les conditions minimales pour reconstruire une crédibilité perdue.


Ce que le consensus ne dit pas : huit angles morts

Le consensus post-Bridgetown — réforme des bilans BMD, scale-up de la blended finance, triplement du financement climatique, Cadre Commun pour la dette — repose sur un diagnostic correct (le gap de financement est réel : entre 2 500 et 4 000 milliards de dollars par an selon les estimations de Kharas) mais un traitement défaillant. La distinction essentielle — établie notamment par Clemens et Moss (2007) — est entre la contraction cyclique des volumes, qui est réversible, de la fragmentation institutionnelle du système, qui ne l’est pas. C’est la seconde qui constitue la menace existentielle. Le présent rapport identifié huit angles morts.

1. La gouvernance des BMD : qui décide est absent du débat. La réforme vise à libérer 200 à 400 milliards de dollars de capacité de prêt additionnelle. Mais sans réforme de gouvernance — droits de vote des pays emprunteurs, représentation des PMA, mécanismes de co-décision — le scale-up reproduit les biais d’allocation existants. Le déséquilibre parle de lui-même : l’ensemble des pays africains (54 pays, 1,4 milliard d’habitants) détient environ 6 % des droits de vote à la Banque mondiale, contre plus de 40 % pour les seuls pays du G7. La réforme des BMD ne peut pas être pensée sans la réforme du FMI : les deux institutions partagent une architecture de gouvernance héritée de 1944 qui conditionne les cadres d’analyse de soutenabilité de la dette.4 Gill analyse cette inadéquation croissante entre l’architecture du financement du développement et les besoins des pays récipiendaires dans un contexte de fragmentation géopolitique.5

2. La blended finance : un paradigme, pas un instrument défaillant. Moins de 5 % du capital privé mobilisé via la blended finance va aux PMA — 80 % va aux pays à revenu intermédiaire déjà bankables. Ce n’est pas un problème de calibrage. C’est le produit d’un paradigme — le Wall Street Consensus — qui construit les pays en développement comme des classes d’actifs pour les investisseurs institutionnels du Nord. Ce paradigme fonctionne pour les marchés émergents ; il exclut structurellement les économies les plus fragiles. L’appeler « inclusion financière » est un abus de langage. Rajan a montré — notamment dans ses travaux sur les crises financières (2005, 2010) — que le lien entre finance et croissance est non-linéaire et conditionné par la qualité institutionnelle : au-delà d’un seuil, l’expansion financière crée de l’instabilité plutôt que de la croissance. Or c’est précisément cette qualité institutionnelle qui fait défaut dans les PMA ciblés par la blended finance, exposant ces économies au risque que Rajan documente pour les systèmes financiers plus avancés.6

3. L’APD est statistiquement cannibalisée. La montée des prêts DFI, des garanties non appelées et du double-comptage climatique masque une contraction réelle des transferts nets vers les PMA. Un pays G7 peut afficher une performance APD stable tout en ayant réduit ses dons effectifs aux plus fragiles. La contraction de 7,1 % en 2024 est elle-même un sous-estimateur de la réalité, puisque le grant élément moyen de l’APD continue de décliner. Les chiffres officiels ne mentent pas ; ils dissimulent.

4. Le Cadre Commun est incomplet. Les créanciers privés représentent environ 40 % de la dette extérieure des PMA — et ne sont soumis à aucune obligation dans le Cadre Commun. Les restructurations Zambie et Ghana ont pris trois à quatre ans, paralysant l’investissement public. Sans inclusion obligatoire des créanciers privés et clauses climatiques de suspension automatique, le problème de la dette souveraine des PMA est insoluble. L’euphémisme « progrès du Cadre Commun » masque un échec de coordination dont les coûts économiques sont supportés exclusivement par les pays débiteurs. Reinhart et Rogoff ont montré que les crises de dette souveraine s’inscrivent dans des cycles récurrents dont la résolution tardive amplifie les coûts économiques — un schéma que le Cadre Commun reproduit fidèlement.7

5. Il n’y a pas de bargain dans le development bargain. Engagements non contraignants côté donateurs (0,7 % non atteint), conditionnalités unilatérales et procycliques côté récipiendaires, comptabilité opaque, aucune réciprocité. Le déficit de légitimité du G7 est un fait géopolitique, confirmé par le stress-test USAID. La question pertinente — formulée le plus radicalement par Easterly (The White Man’s Burden, 2006 ; The Tyranny of Experts, 2014) — n’est pas « comment compenser le déclin de l’APD » mais « pourquoi le déclin de l’APD devrait-il être compensé » par un système dont les résultats structurels ne justifient pas le renouvellement de la confiance.8 Le défi d’Easterly appelle toutefois un contrefactuel que l’argumentaire radical ne fournit pas : les pays qui ont le plus bénéficié de l’APD en volume (Éthiopie, Mozambique, Tanzanie) auraient-ils fait mieux sans elle ? Les données disponibles ne permettent pas de répondre par l’affirmative.

6. L’hémorragie invisible : flux financiers illicites. L’Afrique perd environ 89 milliards de dollars par an en flux financiers illicites selon les estimations de la CNUCED (2020) — un chiffre contesté méthodologiquement mais dont l’ordre de grandeur, environ trois fois l’APD annuelle vers le continent, est cohérent avec les travaux indépendants. La fuite des capitaux cumulée de 30 pays africains dépasse 2 000 milliards de dollars selon Ndikumana et Boyce (2022). L’Afrique est un créancier net du monde. Zucman documente l’ampleur de cette richesse offshore mondiale — estimée à 12 % du PIB mondial en 2023 — dont une part croissante provient des économies en développement.9 Ce chiffre devrait clore tout débat sur la « générosité » des donateurs. Le traitement de cette hémorragie devrait logiquement précéder toute discussion sur l’augmentation des flux entrants — un point sur lequel la littérature est convergente. Le consensus G7 traite l’Afrique comme un continent pauvre qui a besoin de capitaux extérieurs. La réalité est que l’Afrique est un continent drainé qui a besoin de retenir ses propres capitaux.

7. La transformation productive absente : financer quoi ? Le consensus parle de financer le développement sans se demander ce que le financement doit produire. La blended finance finance massivement les services, l’extractif et l’infrastructure — pas l’industrialisation. Rodrik (2016) a documenté que la désindustrialisation prématurée ferme la voie historique de transformation structurelle. Le « puzzle manufacturier africain » (Diao, Ellis, McMillan et Rodrik, 2025), analysé à partir de données d’entreprises en Tanzanie et en Éthiopie, montre que le problème est moins une absence de firmes manufacturières qu’une incapacité des firmes productives à créer de l’emploi à grande échelle — un diagnostic qui pointe vers des contraintes structurelles (coût de l’énergie, techniques capital-intensives, institutions) autant que vers des échecs de politique.10 L’AfCFTA crée un marché de 3 400 milliards de dollars mais n’a pas le financement pour ses chaînes de valeur régionales. L’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050, dont 1,2 milliard de jeunes qui auront besoin d’emplois formels que seule l’industrialisation et l’intégration régionale peuvent créer à l’échelle nécessaire. Un financement sans vision productive est un flux financier, pas une politique de développement.

8. L’invisibilisation du genre : un financement structurellement aveugle. Les femmes africaines produisent 60 à 80 % de l’alimentation mais reçoivent moins de 10 % du crédit agricole formel. Moins de 5 % du financement climat est gender-responsive. Les programmes d’austérité imposés par le surendettement coupent en priorité les services dont les femmes dépendent. Un financement qui ne voit pas le genre reproduit structurellement les inégalités qu’il prétend combattre.


Conditions minimales de crédibilité pour Évian

Le diagnostic des huit angles morts pose une question légitime : pourquoi recommander de mieux orienter un instrument dont on a documenté les limites structurelles ? La réponse est que la contraction de l’APD sans réforme ne produit pas l’alternative — elle produit le vide. Les propositions qui suivent ne sont donc pas un programme de refondation. Elles sont les conditions minimales sans lesquelles le G7 ne peut pas prétendre avoir tiré les leçons de ses échecs. Chaque proposition est soumise à un test de résilience : « ce mécanisme survit-il au retrait d’un donateur majeur ? ».

Proposition 1 — G7 Transparency Pact. Engagement contraignant de transparence totale sur tous les flux de financement du développement, avec standard unique de reporting, vérification indépendante, et publication annuelle d’un Development Finance Scoreboard par pays G7 — incluant un score productif (part de l’investissement dans la transformation structurelle) et un score genre (données désagrégées, marqueur OCDE-CAD). Le Scoreboard rend les coupes silencieuses impossibles et le retrait unilatéral d’un donateur immédiatement visible. La transparence est la réforme de faisabilité maximale et de résistance politique minimale : elle ne coûte rien budgétairement et crée une pression de pairs — un argument développé par Kharas et Rogerson (2012) dans leur analyse de la « destruction créative » du système d’aide. La publication des données APD 2025 le 9 avril crée un moment politique exploitable pour porter cette initiative dès les Spring Meetings. Faisabilité : haute.

Proposition 2 — PMA First Facility. Ring-fencing de minimum 30 % de toute nouvelle capacité concessionnelle BMD pour les PMA et États fragiles, avec filtre productif (30 % de l’enveloppe pour l’investissement dans la transformation structurelle — manufacturier, agro-industrie, chaînes de valeur AfCFTA), enveloppe fléchée genre (15 % pour des programmes ciblant les femmes), et co-pilotage avec les institutions africaines (BAD, Afreximbank, UA). Indicateurs de résultat : emploi formel créé, part manufacturier, diversification des exportations, accès au crédit des femmes — pas volumes de prêt. Faisabilité : moyenne — quotas et filtres se heurtent aux résistances BMD (les actionnaires arguent que le ring-fencing réduit la flexibilité d’allocation), mais la coalition BAD/Afreximbank/AfCFTA renforcé la légitimité de la demande. Le mécanisme d’enforcement reposerait sur l’inclusion du plancher dans les résolutions de reconstitution IDA-21, qui sont juridiquement contraignantes pour les périodes de reconstitution. Articulation avec le cycle IDA-21 (négociations au second semestre 2026).

Proposition 3 — Nairobi Partnership Framework. Cadre de partenariat co-conçu avec l’Union Africaine et les pays bénéficiaires, ancré dans l’Agenda 2063 et l’AfCFTA, avec obligations symétriques mesurables incluant des objectifs de transformation structurelle et une budgétisation sensible au genre. Les donateurs s’engagent sur les volumes, les délais, la coopération fiscale ; les récipiendaires s’engagent sur les indicateurs de transformation et la gouvernance. Mécanisme de redevabilité descendante : forums délibératifs citoyens, audits participatifs, reporting public accessible. Lancement en pilote (3-4 Country Compacts) à Évian, co-conçus avec la Commission de l’UA — et non unilatéralement définis par le G7.

Amendements non-négociables traversant l’ensemble des propositions. D’abord, la transformation productive : tout financement évalué à l’aune de sa contribution à l’industrialisation et à l’emploi formel. Ensuite, le genre : données désagrégées, enveloppes fléchées et budgétisation sensible au genre comme conditions d’efficacité. Enfin, l’agence africaine : les institutions du continent sont des co-architectes, pas des récipiendaires.

Recommandations systémiques complémentaires. Plusieurs réformes doivent accompagner ces propositions : l’inclusion obligatoire des créanciers privés dans les restructurations de dette (CAC standardisées, clauses de suspension climatique automatique) ; la coopération fiscale internationale (registres de bénéficiaires effectifs, échange automatique d’informations, soutien à la Convention-cadre ONU) ; le financement de la transformation productive africaine via l’AfCFTA et le PIDA.


Le choix d’Évian

ScénarioProbabilitéSignal
A — Consensus de façade50-55 %Communiqué sans langage contraignant — transformation productive ignorée, genre invisible
B — Réforme honnête30-35 %Transparency Pact (avec scores productif/genre) + pilotes NPF co-conçus avec l’UA + engagement IFF
C — Refondation10-15 %3 propositions + réformes systémiques en langage contraignant — filtre productif, enveloppe genre, AfCFTA/PIDA

Le contexte de réarmement européen et de pression fiscale liée au conflit iranien aggrave la probabilité du scénario A, puisque les arbitrages budgétaires entre défense et développement deviennent explicites dans la plupart des pays du G7. Mais comme l’a souligné Rajan, la concurrence défense-développement est un faux dilemme si l’on raisonne au niveau du système financier mondial : les 800 milliards de ReArm Europe sont financés par de la dette, pas par des coupes dans l’APD. La contrainte n’est pas budgétaire ; elle est politique.

La Présidence française peut viser le Scénario B comme cible réaliste et préparer le terrain pour le C. Le Scénario A n’est pas un simple statu quo — c’est une défaite stratégique. Chaque G7 qui promet sans s’engager confirme au Sud Global que les alternatives sont plus fiables. Après Séville et après le stress-test USAID, un nouvel exercice de communication sans substance serait perçu non comme de l’inaction, mais comme un aveu.

Le calendrier crée une séquence d’action identifiable. La publication des données APD 2025 par l’OCDE le 9 avril crée un moment politique exploitable. Les Spring Meetings (13-18 avril) constituent le premier test multilatéral de la volonté française. Le sommet d’Évian (juin 2026) est le point d’aboutissement. La question pour la Présidence française n’est pas d’avaliser un communiqué de plus — c’est de faire d’Évian le moment où le G7 a choisi l’honnêteté sur ses propres échecs plutôt que le confort du consensus.



  1. Rodrik, « Premature Deindustrialization », Journal of Economic Growth, 2016 ; Diao, Ellis, McMillan et Rodrik, « Africa’s Manufacturing Puzzle: Évidence from Tanzanian and Ethiopian Firms », World Bank Economic Review, 39(2), 2025. ↩︎

  2. OECD DAC, “ODA Levels in 2024 — Preliminary Data”, avril 2025. Projections 2025 communiquées lors du Comité du CAD du 11 mars 2026. ↩︎

  3. Kharas, H. et Rogerson, A., « Horizon 2025: Creative Destruction in the Aid Industry », ODI, 2012. Sur l’impact fiscal des conflits sur les budgets APD, voir aussi OECD DAC, Development Co-operation Report 2024, chapitre « Fiscal Pressures on ODA Budgets ». ↩︎ ↩︎

  4. Rajan, R., « Has Finance Made the World Riskier? », Jackson Hole Symposium, 2005 ; Rajan, R., Fault Lines: How Hidden Fractures Still Threaten the World Economy, Princeton, 2010. Sur l’inadéquation des architectures de gouvernance héritées de 1944, voir aussi Birdsall, N. et Fukuyama, F., « The Post-Washington Consensus », Foreign Affairs, 2011. ↩︎

  5. Gill, « Development Finance in a Changing World », NBER Working Paper 27641, 2020. ↩︎

  6. Rajan, « Has Finance Made the World Riskier? », Jackson Hole Symposium, 2005 ; Rajan, Fault Lines: How Hidden Fractures Still Threaten the World Economy, 2010. Sur le lien conditionnel entre finance et croissance, voir Levine, « Finance and Growth: Theory and Évidence », Handbook of Economic Growth, 2005. Voir aussi Obstfeld, « International Finance and Growth in Developing Countries: What Have We Learned? », IMF Economic Review, 2009. ↩︎

  7. Reinhart et Rogoff, « From Financial Crash to Debt Crisis », American Economic Review, 2011 ; Reinhart et Rogoff, « Growth in a Time of Debt », AER Papers & Proceedings, 2010. Pour le contexte post-pandémique, voir Reinhart, « COVID and the Debt Crisis », NBER Working Paper 26940, 2020. ↩︎

  8. Easterly, W., The White Man’s Burden: Why the West’s Efforts to Aid the Rest Have Done So Much Ill and So Little Good, Penguin, 2006 ; Easterly, W., The Tyranny of Experts: Economists, Dictators, and the Forgotten Rights of the Poor, Basic Books, 2014. La position radicale d’Easterly constitue une contradiction frontale au système, pas une proposition de réforme. La contraction de l’aide sans alternative crédible ne produit pas l’émergence — elle produit l’effondrement. ↩︎

  9. Zucman, « Global Offshore Wealth 2001-2023 », 2025. ↩︎

  10. Diao, Ellis, McMillan et Rodrik, « Africa’s Manufacturing Puzzle: Évidence from Tanzanian and Ethiopian Firms », World Bank Economic Review, 39(2), 2025 ; Rodrik, « A New Growth Strategy for Developing Nations », World Development, 2025. ↩︎

À propos de l'auteur
Eric Gabin Kilama est macroéconomiste-stratège, spécialiste de la transmission des chocs géopolitiques à l'économie. Docteur en économie (CERDI), son expérience au Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du Quai d'Orsay a forgé sa conviction que la géopolitique est redevenue une variable structurelle de l'économie mondiale. Chercheur associé à la FERDI.
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