Rapport long de référence — Présidence française du G7 2026, filière Finances (deuxième priorité : « Redéfinir les partenariats avec les pays en développement »).
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L’essentiel
En quarante ans, le G7 a transféré plus de 4 000 milliards de dollars d’aide au développement. Pourtant, les pays les moins avancés demeurent exportateurs nets de capitaux. Et en 2025, l’aide publique au développement a connu sa plus forte chute jamais enregistrée — −23,1 % en termes réels, à 174,3 milliards de dollars, les États-Unis en portant près des trois quarts (−56,9 %, après le démantèlement de l’USAID). La France ramène son aide à 0,43 % du RNB.
Le débat d’Évian ne peut donc rester un débat de volumes bruts : face aux ~60 milliards de dollars d’aide reçus par les PMA, les flux financiers illicites, le service de la dette et l’extraction nette drainent davantage. Le système, au total, prélève plus qu’il n’apporte. Le G7 ne gagnera pas la compétition sur les volumes ; il lui reste un avantage sur la crédibilité, à condition de rendre vérifiable ce qu’il promet.
Trois engagements vérifiables
- Vérité des flux — publier une APD nette corrigée (l’aide réellement transférée, hors imputations qui ne quittent pas le territoire donateur) et évaluer la cohérence des politiques de commerce, de fiscalité et de dette. La France peut ouvrir la voie unilatéralement.
- Enveloppe réservée aux PMA — sanctuariser un plancher de la capacité concessionnelle multilatérale pour les pays les moins avancés et les États fragiles, inscrit dans IDA-21 / AfDF-17, avec un guichet protection sociale et un mécanisme contracyclique automatique.
- Contrats-pays co-gouvernés — deux à trois pilotes à conditionnalités inversées, co-conçus avec des partenaires africains, la Banque africaine de développement et Afreximbank.
Quatre réformes de règles (dette et créanciers privés, flux financiers illicites, transformation productive, nexus développement-prévention) ferment les angles morts que ces piliers, seuls, ne corrigent pas.
La vraie contrainte
Le coût additionnel du dispositif est estimé entre 18 et 31 milliards de dollars par an — concentré sur la protection sociale des PMA, et partiellement compensable par des ressources déjà disponibles (DTS recyclés, réorientation d’une partie de l’APD existante). Les réformes de règles, elles, coûtent peu. La contrainte n’est donc pas budgétaire. Elle est politique : aligner sept stratégies nationales divergentes avant que la fenêtre de crédibilité ne se referme. La question d’Évian n’est plus « le G7 veut-il encore aider ? », mais « veut-il encore être pris au sérieux ? ».