Policy · Note analytique

La convergence des crises : anatomie d'une polycrisis sous administration Trump II

| Note analytique | 16 min de lecture
By Eric Gabin Kilama

L'administration Trump II ne crée pas trois crises séparées. Elle active simultanément les canaux d'une crise financière de type 2008, d'une crise migratoire de type 2015 et d'une crise énergétique...

Résumé exécutif

Mars 2026


L’administration Trump II ne crée pas trois crises séparées. Elle active simultanément les canaux d’une crise financière de type 2008, d’une crise migratoire de type 2015 et d’une crise énergétique de type 2022, avec cette différence décisive que les trois canaux convergent vers un noeud causal commun : la weaponisation de l’interdépendance économique par la première puissance mondiale. Pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, un même acteur étatique actionne délibérément les leviers tarifaires, énergétiques, sécuritaires et migratoires dans un cadre stratégique unifié, celui du managed decoupling bilatéral. La convergence observée n’est pas une coïncidence malheureuse ; elle est causale, intentionnelle, et appelle une grille d’analyse systémique que les approches sectorielles échouent à fournir. Ce résumé exécutif expose l’architecture de cette polycrisis, les cinq scénarios quantifiés qui en découlent, les principaux résultats thématiques et les options de prévention identifiées pour la présidence française du G7.

L’architecture systémique : six chaînes, neuf boucles, zéro stabilisateur

Le cadre analytique du rapport repose sur l’identification de six chaînes causales inter-domaines et de neuf boucles de rétroaction, dont sept amplificatrices, zéro stabilisatrice et deux dont la direction dépend de l’état du système au moment de leur activation. L’absence complète de boucle stabilisatrice endogène constitue le résultat le plus préoccupant de l’analyse.

Les six chaînes causales relient les domaines de manière séquentielle. La première (Ch1 Tarifs-Énergie) procède des droits de douane massifs imposés via la Section 301, qui compriment la demande mondiale de pétrole tandis que les sanctions parallèles sur l’Iran et le Venezuela contractent l’offre, produisant une superposition inédite de chocs d’offre, de demande et de précaution dont Kilian a montré qu’ils requièrent des réponses de politique économique distinctes.1 La deuxième (Ch2 Tarifs-Finance) opère par le canal des portefeuilles : les 827 milliards de dollars d’actifs américains détenus par les investisseurs européens, concentrés sur les noeuds de compensation belges et luxembourgeois, deviennent le vecteur de contagion prioritaire en cas de réévaluation du risque pays américain, selon la mécanique documentée par Maggiori, Neiman et Schreger.2 La troisième chaîne (Ch3 Énergie-Migration) lie la hausse des prix de l’énergie aux déplacements de population dans les économies importatrices nettes du Sahel et de la Corne de l’Afrique, où le choc énergétique détruit les moyens de subsistance agricoles et transforme une crise de prix en crise de déplacement. La quatrième (Ch4 Finance-Sécurité) fait de l’élargissement des spreads souverains européens une contrainte sur les budgets de défense au moment précis où ReArm Europe exige 800 milliards d’euros d’investissements cumulés ; Jordà, Schularick et Taylor ont montré que les crises financières précédant des épisodes de réarmement produisent des multiplicateurs fiscaux majorés d’un facteur 1,7 à 2,3.3 La cinquième (Ch5 Migration-Politique intérieure) alimente les dynamiques populistes qui réduisent la marge de manoeuvre des gouvernements pour coordonner la réponse aux crises, dans un contexte où Alesina, Miano et Stancheva ont documenté que la perception du nombre d’immigrants excède systématiquement la réalité d’un facteur 2 à 3.4 La sixième (Ch6 Sécurité-Développement) traduit la réallocation budgétaire de l’aide publique au développement vers la défense, amputant les capacités de prévention dans les États fragiles.

Les sept boucles amplificatrices opèrent selon trois temporalités. Les boucles rapides (semaines) lient les tarifs à l’incertitude sur l’investissement et l’emploi (B1) et les spreads souverains au coût du réarmement (B2). Les boucles intermédiaires (mois) connectent l’énergie à l’inflation et aux tensions migratoires (B3), les tarifs chinois à la fragmentation commerciale (B4), et la contraction de l’APD à la fragilité étatique et aux flux migratoires (B5). Les boucles lentes (trimestres à années) capturent la dynamique de dédollarisation partielle (B6) et l’érosion du multilatéralisme (B7). Les deux boucles restantes (B8, réaction des banques centrales ; B9, multiplicateur state-dependent) changent de direction selon l’état du système. B9, identifiée comme le métronome du système dans les simulations FPSQ, constitue le mécanisme de transmission de l’effet de seuil : son coefficient varie entre 1,0 en régime normal et 1,7 à 2,3 lorsque trois boucles amplificatrices ou plus sont actives simultanément.

Trois caractéristiques distinguent cette polycrisis des configurations antérieures. L’unicité de la source, d’abord : les crises de 2008, 2015 et 2022 avaient des origines distinctes, tandis que celle de 2026 procède d’un acteur unique qui actionne délibérément plusieurs leviers dans un cadre stratégique cohérent. La neutralisation des stabilisateurs automatiques, ensuite : comme l’ont formalisé Acemoglu et ses coauteurs pour les réseaux économiques, les chocs se transmettent de manière non linéaire lorsque les noeuds centraux sont affectés, et les États-Unis constituent le noeud central du réseau mondial.5 La temporalité comprimée, enfin : les six chaînes opèrent simultanément avec des délais de transmission qui se chevauchent, réduisant la fenêtre d’intervention politique à quelques semaines.

Cinq scénarios quantifiés

La quantification par le Framework for Probabilistic Scenario Quantification (FPSQ), fondée sur 10 000 simulations de Monte Carlo intégrant les corrélations croisées state-dependent entre canaux de crise, produit cinq scénarios distribués selon le nombre de canaux activés et le degré de coordination internationale.

ScénarioProbabilitéCroissance mondialeInflation (écart)Spreads EMDEsCaractérisation
S1 Statu Quo Instable22,5 %3,0 %+1,3 pt325 bpTensions sans escalade
S2 Découplage Ordonné27,5 %2,3 %+0,8 pt585 bpAccord sino-américain bilatéral
S3 Embrasement17,5 %0,9 %-0,9 pt1 013 bpSeuil de 3+ boucles franchi
S4 Tenaille7,5 %-0,1 %-2,4 pt1 425 bpEffondrement systémique
S5 Sursaut17,5 %2,5 %+1,0 pt454 bpCoordination délibérée

Le scénario de Découplage Ordonné (S2), doté de la probabilité la plus élevée, reflète la convergence d’intérêts sino-américaine pour une gestion bilatérale des tensions commerciales, au détriment des tiers. L’Union européenne y est marginalisée mais les canaux financiers restent fonctionnels. Le Statu Quo Instable (S1) ne mérite ce qualificatif que par défaut : il repose sur l’hypothèse que les neuf boucles de rétroaction restent à basse intensité, ce qui suppose une discipline de désescalade dont aucun acteur ne détient seul la clé.

Le résultat le plus important de la quantification concerne le gradient entre S2 et S3. La croissance mondiale passe de 2,3 % à 0,9 %, soit une chute de 1,4 point représentant environ 1 200 milliards de dollars de PIB mondial. Ce passage ne s’opère pas par dégradation graduelle mais par effet de seuil : dès que trois boucles amplificatrices s’activent simultanément, le multiplicateur B9 saute de 1,0 à 1,7-2,3, amplifiant chaque choc sectoriel par contagion croisée. L’inflation changé de signe dans le scénario d’Embrasement : le choc déflationniste de la contraction de la demande mondiale dominé le choc inflationniste des tarifs et de l’énergie, plaçant les banques centrales devant un dilemme structurel. Le scénario de Tenaille (S4), malgré sa faible probabilité, décrit un effondrement systémique comparable à 2008-2009, avec des spreads EMDEs atteignant des niveaux impliquant des restructurations de dette souveraine en chaîne. Le Sursaut (S5), enfin, est le seul scénario requérant une action délibérée de coordination internationale ; il ne se réalise pas par défaut.

Les six domaines thématiques : résultats saillants

Énergie. Le marché pétrolier opère dans une configuration inédite de superposition de chocs d’offre (sanctions Iran/Venezuela), de demande (tarifs) et de précaution (incertitude géopolitique). La prime de risque géopolitique sur le Brent est estimée entre 15 et 20 dollars par baril dans le scénario de référence, et atteindrait 35 à 45 dollars en scénario d’Embrasement. L’avantage structurel chinois est considérable : la diversification de ses sources d’approvisionnement et l’accélération de la transition vers les véhicules électriques ont réduit d’un tiers son élasticité aux chocs pétroliers entre 2015 et 2025.6 Un choc sur le détroit d’Ormuz affecterait l’Europe et le Japon trois fois plus que la Chine, inversant la vulnérabilité relative qui prévalait en 2022. L’Europe, qui avait réduit sa dépendance au gaz russe de 40 % à 15 %, se retrouve paradoxalement plus dépendante du GNL américain, dont l’approvisionnement est désormais subordonné aux aléas de la politique commerciale de Washington.

Commerce. L’architecture tarifaire repose sur deux instruments juridiquement distincts : la Section 301 (droits moyens pondérés de 22 % sur soixante pays, niveau sans précédent depuis le Smoot-Hawley Act) et la Section 122, invoquée pour la première fois dans l’histoire commerciale moderne, dont l’expiration le 24 juillet 2026 crée un cliff réglementaire en pleine présidence française du G7. Le Second China Shock – redirection des exportations chinoises vers les marchés tiers consécutive à l’escalade tarifaire sino-américaine – produit des pressions déflationnistes sectorielles qui alimentent en retour les demandes de protection. Donaldson et ses coauteurs ont démontré que les modèles gravitaires standard sous-estiment les coûts de bien-être des tarifs d’un facteur 1,5 à 2 lorsque les chaînes de valeur mondiales sont prises en compte.7 L’incertitude commerciale constitue un canal de transmission macroéconomique autonome : Caldara et ses coauteurs ont montré qu’elle produit des effets récessifs mesurables sur l’investissement indépendamment du niveau des droits effectivement appliqués.8

Finance. La vulnérabilité européenne emprunte un canal contre-intuitif : non pas les exportations (impact direct modéré) mais les portefeuilles. L’exposition de 827 milliards de dollars, concentrée sur la Belgique et le Luxembourg en tant que plateformes de compensation, implique qu’une réévaluation du risque pays américain se propagerait instantanément par les bilans des institutions financières européennes, par le mécanisme de contagion de portefeuille que Maggiori a formalisé.9 L’interaction entre spreads souverains et coût du réarmement est circulaire : un élargissement de 100 points de base des spreads augmenterait le coût actualisé de ReArm Europe de 60 à 90 milliards d’euros, soit l’équivalent de deux années de budget de défense français. Le rôle du dollar comme monnaie dominante transforme la politique monétaire américaine en variable systémique de la polycrisis, selon le « canal du dollar » documenté par Gopinath.10

Sécurité. ReArm Europe constitue l’effort d’investissement militaire le plus ambitieux depuis la Guerre froide, mais il s’opère dans le pire environnement macrofinancier possible. Blanchard a montré que la soutenabilité de la dette publique dépend de l’écart entre taux d’intérêt et taux de croissance ; la configuration actuelle – hausse des taux, ralentissement de la croissance – inverse cette condition.11 Le paradoxe est structurel : la menace sécuritaire qui justifie la dépense militaire aggrave simultanément le coût de son financement. Le financement des 800 milliards d’euros nécessite soit une hausse des prélèvements (politiquement explosive), soit un endettement supplémentaire (qui élargit les spreads et active la boucle B2), soit une mutualisation européenne (qui requiert un consensus à Vingt-Sept qui n’existe pas).

Développement. L’aide publique au développement traverse une crise existentielle. La contraction nette de 7,1 % en 2024 – première baisse significative depuis 2012 – préfigure un retrait structurel estimé entre 9 et 17 % pour 2025, aggravé par la liquidation de l’USAID qui finançait 43 % des programmes d’aide alimentaire d’urgence dans la Corne de l’Afrique. La réallocation APD-défense traduit un changement de paradigme où la sécurité nationale remplace le développement international comme cadre de légitimation de la dépense extérieure. Le Soudan, avec 10,7 millions de déplacés et un risque de famine affectant 25 millions de personnes, incarne l’archétype de la crise que l’architecture internationale actuelle échoue à traiter : l’appel humanitaire de 4,1 milliards de dollars n’est financé qu’à 12 % au 29 mars. L’éviction cognitive du Soudan illustre un mécanisme systémique : la saturation de l’agenda par les crises engageant directement les intérêts des grandes puissances relègue les crises « orphelines » dans un angle mort politique.

Migration. La boucle B3 (Énergie-Migration-Populisme) est le mécanisme d’amplification le plus dangereux parce que le plus résistant à l’intervention politique. Les flux migratoires atteignent les frontières européennes au moment où les opinions publiques disposent de la tolérance la plus faible. Alesina, Miano et Stancheva ont montré que la distorsion perceptive est structurelle – elle ne se corrige pas par l’information factuelle – et qu’elle conditionne directement le soutien aux transferts internationaux.12 Le cycle populiste qui en résulte s’auto-entretient : les partis anti-immigration adoptent des politiques restrictives qui réduisent les voies légales de migration, augmentent le recours aux filières illégales, dont la visibilité médiatique renforcé le récit populiste. Acemoglu a formalisé la théorie politique de ce mécanisme, montrant que les dynamiques populistes ne sont pas des aberrations mais des équilibres politiques stables sous certaines conditions structurelles – précisément celles que la polycrisis actuelle réunit.13

Douze signposts pour la veille stratégique

Le cadre DAPP (Décision-making under Deep Uncertainty with Adaptation Pathways and Policy signposts) structure la surveillance de l’évolution de la polycrisis autour de douze indicateurs quantifiés, assortis de seuils d’alerte et de seuils critiques. Trois exemples illustrent la logique du dispositif. La prime d’assurance maritime sur le détroit d’Ormuz (SP1), actuellement à 0,8 % de la valeur cargo, signale un passage en zone d’alerte au-dessus de 1,5 % et une entrée en zone critique au-dessus de 2,5 %. Le spread BTP-Bund (SP5), indicateur synthétique du stress financier européen, est surveillé avec un seuil d’alerte à 200 points de base et un seuil critique à 300. L’indice de risque géopolitique de Caldara et Iacoviello (SP11), validé empiriquement sur un siècle de données, fournit une mesure synthétique des tensions globales avec des seuils à 200 et 300.14 Le protocole de monitoring prévoit qu’un franchissement de seuil d’alerte déclenche une note d’analyse en 48 heures, un franchissement de seuil critique une réunion de coordination interministérielle dans la semaine, et le franchissement simultané de trois seuils critiques l’activation du protocole de crise correspondant à l’entrée dans la zone d’Embrasement.

Prévention et options pour Évian

Les stratégies de réponse s’organisent en trois catégories selon la méthodologie Robust Décision Making. Les stratégies no regret, bénéfiques dans tous les scénarios, comprennent le renforcement de la surveillance macrofinancière des expositions croisées Europe-États-Unis, la constitution de réserves budgétaires pour amortir les chocs énergétiques, et l’accélération de la diversification des approvisionnements au-delà du GNL américain. Les stratégies shaping, visant à infléchir les probabilités relatives des scénarios, incluent la diplomatie active pour prévenir un accord sino-américain excluant l’Union européenne, un mécanisme de coordination tarifaire au G7, et un engagement préemptif sur la restructuration de la dette des économies émergentes et en développement. Les stratégies hedging, préparant la réponse aux scénarios défavorables, reposent sur un protocole de libération coordonnée des réserves pétrolières avec seuils préétablis via l’Agence internationale de l’énergie, un mécanisme de liquidité d’urgence pour les spreads souverains européens, et un cadre de réponse humanitaire pré-positionné pour le Soudan et la Corne de l’Afrique.

Trois options françaises se dessinent pour le sommet d’Évian. La première consiste à proposer un mécanisme de coordination conditionnelle automatiquement activé par le franchissement de seuils prédéfinis : libération des réserves pétrolières si le Brent dépasse 110 dollars pendant dix jours consécutifs, intervention coordonnée sur les marchés obligataires si les spreads souverains européens dépassent 300 points de base, convocation d’une conférence de restructuration de la dette si les spreads des économies émergentes dépassent 1 000 points de base. La deuxième option vise un moratoire tarifaire G7 de douze mois, conditionné à l’ouverture de négociations commerciales plurilatérales, en tirant parti de l’expiration de la Section 122 le 24 juillet. La troisième porte le Soudan à l’agenda du G7 comme test de crédibilité du système multilatéral, avec un objectif de financement humanitaire d’urgence de 3 milliards de dollars sur dix-huit mois.

Évian comme moment de vérité

Le sommet d’Évian de juin 2026 constitue le dernier point de coordination multilatérale avant l’expiration de la Section 122. À cette date, soit un mécanisme de remplacement aura été négocié – et Évian en aura posé les bases –, soit l’architecture tarifaire américaine entrera dans une zone d’incertitude juridique susceptible de déclencher les scénarios d’Embrasement ou de Tenaille. La présidence française dispose de trois atouts : la crédibilité diplomatique acquise par la médiation sur l’Iran, la capacité de lier les enjeux commerciaux et sécuritaires dans un package cohérent, et la temporalité – premier G7 post-NDS 2026, premier après l’audience de la Cour suprême sur l’IEEPA, premier après le sommet Trump-Xi.

Les risques sont symétriques. Un Évian ambitieux qui échoue confirmerait l’impuissance du G7 et renforcerait le scénario de Découplage Ordonné – la marginalisation européenne dans un ordre bilatéral sino-américain. Un Évian modeste qui sécurise des résultats limités mais réels serait insuffisant pour le Sursaut mais suffisant pour réduire la probabilité de l’Embrasement.

L’enseignement central du rapport tient en une proposition : les réponses sectorielles, même parfaitement calibrées, échouent lorsque les crises interagissent. La réponse systémique requiert une coordination inter-domaines qui lie explicitement les négociations commerciales, la gestion des risques financiers, la politique énergétique, la sécurité et le développement. Fernández-Villaverde et ses coauteurs ont mesuré que la fragmentation géopolitique réduit la croissance mondiale de 0,5 à 1,0 point de pourcentage à horizon de cinq ans – un coût substantiel mais habituellement diffus et donc politiquement invisible.15 La polycrisis de 2026 rend ce coût visible et concentré. C’est, paradoxalement, une opportunité : la démonstration tangible du coût de la non-coordination pourrait fournir l’argument politique dont les partisans de la coopération internationale ont besoin pour surmonter les résistances domestiques.

La question qui se pose aux décideurs français est celle-ci : la France peut-elle créer les conditions politiques d’une coordination systémique lorsque l’acteur dont la coopération est la plus nécessaire est aussi celui dont les politiques génèrent le besoin de coordination ? Le rapport ne tranche pas cette question ; il fournit le cadre analytique qui permet de la poser avec précision, les scénarios quantifiés qui en mesurent les enjeux, et les instruments de veille qui permettront de naviguer entre les futurs possibles. La décision politique reste entière.


Références principales

Sources institutionnelles : FMI, World Economic Outlook (janvier 2026) ; AIE, Oil Market Report (mars 2026) ; OCDE-CAD, Preliminary ODA Data 2024-2025 ; CNUCED, Economic Development in Africa Report 2025 ; OCHA, Sudan Situation Report (mars 2026) ; PIIE, Trade Policy Tracker (mars 2026) ; PAM, Hunger Hotspots (février 2026).


Les analyses presentees dans ce rapport n’engagent que leurs auteurs et ne sauraient etre interpretees comme refletant la position officielle du ministere de l’Europe et des Affaires étrangères ou de l’IFRI.

Ce resume executif est derive du rapport integrateur « La convergence des crises : anatomie d’une polycrisis sous administration Trump II » (mars 2026). Le rapport complet est disponible sur demande.


  1. Kilian, L. (2009). « Not All Oil Price Shocks Are Alike: Disentangling Demand and Supply Shocks in the Crude Oil Market », American Economic Review, 99(3), 1053-1069. ↩︎

  2. Maggiori, M., Neiman, B. et Schreger, J. (2021). « Redrawing the Map of Global Capital Flows », Quarterly Journal of Economics↩︎

  3. Jordà, O., Schularick, M. et Taylor, A.M. (2016). « Sovereigns versus Banks: Credit, Crises, and Conséquences ». ↩︎

  4. Alesina, A., Miano, A. et Stancheva, S. (2021). « Immigration and Preferences for Redistribution in Europe », Journal of Economic Geography↩︎

  5. Acemoglu, D. et al. (2015). « Networks, Shocks, and Systemic Risk », American Economic Review↩︎

  6. Caldara, D. et Iacoviello, M. (2019). « Oil Price Elasticities and Oil Price Fluctuations », Journal of Monetary Economics↩︎

  7. Donaldson, D. et al. (2025). « Putting Quantitative Models to the Test: An Application to the US-China Trade War », Quarterly Journal of Economics↩︎

  8. Caldara, D. et al. (2020). « The Economic Effects of Trade Policy Uncertainty », Journal of Monetary Economics↩︎

  9. Maggiori, M., Neiman, B. et Schreger, J. (2020). « International Currencies and Capital Allocation », Journal of Political Economy↩︎

  10. Gopinath, G. et al. (2024). « Banking, Trade, and the Making of a Dominant Currency », Quarterly Journal of Economics↩︎

  11. Blanchard, O. (2019). « Public Debt and Low Interest Rates », American Economic Review↩︎

  12. Alesina, A., Miano, A. et Stancheva, S. (2020). « Diversity, Immigration and Redistribution », Review of Economic Studies↩︎

  13. Acemoglu, D. « A Political Theory of Populism », Quarterly Journal of Economics↩︎

  14. Caldara, D. et Iacoviello, M. (2022). « Measuring Geopolitical Risk », American Economic Review↩︎

  15. Fernandez-Villaverde, J. et al. (2024). « Measuring Geopolitical Fragmentation and Its Causal Effects ». ↩︎

À propos de l'auteur
Eric Gabin Kilama est macroéconomiste-stratège, spécialiste de la transmission des chocs géopolitiques à l'économie. Docteur en économie (CERDI), son expérience au Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du Quai d'Orsay a forgé sa conviction que la géopolitique est redevenue une variable structurelle de l'économie mondiale. Chercheur associé à la FERDI.
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