Le soupçon est aussi vieux que les institutions elles-mêmes. Depuis la création du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Bretton Woods en 1944, les pays en développement contestent l’impartialité de l’allocation des ressources multilatérales. Pendant longtemps, cette contestation relevait du registre politique. Désormais, elle dispose d’une base empirique substantielle.
Depuis la publication de cette note en novembre 2024, le régime de sanctions contre l’Iran a connu une escalade sans précédent. La crise de mars 2026 — tensions dans le détroit d’Ormuz, menaces iraniennes sur les flux pétroliers, renforcement des sanctions américaines et européennes — a mis en lumière les contradictions structurelles que l’analyse initiale identifiait.
Les sanctions économiques sont devenues l’instrument privilégié de la politique étrangère occidentale. Depuis 2001, le nombre de programmes de sanctions actifs administrés par l’OFAC américain a plus que doublé. L’Union européenne a élargi son propre arsenal, passant de quelques régimes ciblés à plus de quarante cadres restrictifs en vigueur.
L’Union européenne a multiplié les instruments commerciaux unilatéraux pour se repositionner dans un environnement de compétition géoéconomique accrue, au moment où la crise climatique s’accélère. Cette reconfiguration, si elle répond à des impératifs légitimes de sécurité économique et de transition environnementale, risque d’aliéner les pays en développement et de compromettre les partenariats…
Conflits armés, changement climatique, surendettement souverain, bouleversements géopolitiques : de multiples crises convergentes mettent à l’épreuve la viabilité de l’industrie de l’aide au développement. Cette industrie — le réseau d’institutions bilatérales, multilatérales et non gouvernementales qui canalisent les flux d’aide publique au développement (APD) — traverse une crise qui n’est pas…