Simuler la transmission économique d'un choc géopolitique
Ce démonstrateur transforme un scénario géopolitique en exercice de politique économique. L'étudiant prend des décisions trimestre après trimestre, observe leurs effets sur l'inflation, les marges des PME, le crédit et les spreads, puis produit une note de décision.
ⓘ Comment utiliser ce simulateur
Objectif. Vous êtes membre d'un comité de politique économique. Un choc géopolitique frappe l'économie : vous devez décider, trimestre après trimestre, de la réponse à apporter — puis évaluer la cohérence de votre stratégie.
Chaque scénario active des canaux de transmission différents (coûts, incertitude, crédit, demande). Lisez le briefing avant de commencer.
À chaque tour, choisissez vos 4 leviers (taux, garantie, budget, approvisionnement), puis cliquez « Simuler le trimestre ». Observez le feedback et les KPIs avant le tour suivant.
Après 8 tours, un score de résilience et des observations identifient votre « doctrine ». Enregistrez le run, rejouez avec une autre stratégie, comparez.
Produisez une note de décision (1-2 pages) : diagnostic du choc, justification de votre stratégie, arbitrages assumés, recommandation pour la suite.
Le modèle stylise les mécanismes de transmission étudiés dans la littérature macro récente. Les canaux s'appuient sur : la transmission des chocs d'offre aux prix (Kilian, 2009 ; Blanchard & Galí, 2007), les multiplicateurs budgétaires en situation de stress (Blanchard & Leigh, 2013 ; Auerbach & Gorodnichenko, 2012), la boucle dette-spread souverain (Corsetti et al., 2013 ; Bocola, 2016), et l'impact du rationnement de crédit sur les PME (Bernanke, Gertler & Gilchrist, 1999 — accélérateur financier). Les ordres de grandeur sont calibrés sur la crise énergétique européenne de 2022-2023 et les sanctions financières post-février 2022.
Durée indicative : 45-60 min (10 min briefing, 25-30 min simulation, 15-20 min note). L'exercice peut être réalisé en individuel ou en groupe (comité de 3-4 étudiants).
Choisir le choc à jouer
Chaque scénario modifie les canaux dominants : coûts importés, incertitude financière, crédit, demande externe ou dépendance fournisseur.
Prendre une décision par trimestre
T1 — Le choc arrive dans les prix importés
Choisissez une réponse initiale. Les effets de diversification sont lents ; les garanties de crédit protègent plus vite les PME, mais elles n'annulent pas le choc de coût.
Historique des décisions
Lecture pédagogique du run
Trajectoires simulées et référence passive
Marge nette PME
Zone danger < 6%Spread souverain
Zone danger > 200 pbScore de résilience
Zone danger < 55Un modèle stylisé avec rétroactions, pas une prévision
Le simulateur repose sur un système d'équations couplées à ajustement partiel. Chaque variable converge vers une cible déterminée par les autres variables et les décisions de politique, avec une inertie calibrée. Le modèle n'est pas prédictif : il rend visibles les mécanismes de transmission et les arbitrages.
Le choc de coûts nourrit l'inflation importée ; l'inflation et le pouvoir de pass-through déterminent la compression des marges.
L'incertitude et le déficit alimentent le spread ; le spread et le taux directeur durcissent les conditions de crédit.
Le soutien budgétaire protège l'activité à court terme mais pèse sur le déficit ; la diversification agit plus lentement mais réduit le choc.
Équations du modèle et calibration
Chaque variable suit un ajustement partiel : x(t) = α·x(t-1) + (1-α)·x*(t), où x* est la cible et α l'inertie. Les canaux de transmission créent des boucles de rétroaction non triviales.
Inflation (α = 0.58)
π* = 2.0 + 2.05·costPressure + 0.22·max(0, spread−90)/100
+ 0.18·fiscal − 0.62·max(0, rate) + 0.16·max(0, −rate)
Déficit (α = 0.62)
interestCost = max(0, spread−80) · debt · 0.00012
def* = 2.7 + 1.18·fiscalCost + interestCost
+ 0.22·max(0, −output) − 0.12·max(0, output) + 0.10·max(0, rate)
Dette
debt(t) = debt(t-1) + 0.22·deficit + 0.006·max(0, spread−100)
− 0.05·max(0, output) [bornes: 70–135]
Spread souverain (α = 0.48)
s* = 80 + 112·uncertainty + 44·financialStress + 7.5·max(0, π−3)
+ 3.2·max(0, debt−92) + 0.06·max(0, debt−110)²
+ 12·max(0, fiscalCost−1.25) − 22·max(0, rate) − 16·guarantee
Conditions de crédit (α = 0.52)
c* = 100 − 0.068·max(0, spread−80) − 3.2·max(0, rate)
− 9.5·financialStress + 8.5·guarantee + 2.2·fiscalSupport
Marge nette PME (α = 0.45)
m* = 11.5 − 2.35·costPressure − 0.045·max(0, 100−credit)
− 0.34·max(0, π−3) + 0.92·fiscalSupport
+ 0.82·guarantee + 0.46·supplyRelief
Output gap (α = 0.55)
y* = −1.0·costPressure − 0.036·max(0, 100−credit)
− 0.36·max(0, rate) + 0.54·fiscalSupport
+ 0.17·supplyRelief − 0.22·financialStress
Score de résilience
R = 100 − 5.8·max(0, π−3) − 4.8·max(0, 8−margin)
− 0.075·max(0, spread−100) − 0.62·max(0, 95−credit)
− 0.45·max(0, debt−95)
Boucles de rétroaction clés : (1) fiscal → déficit → dette → spread → crédit → marges ; (2) inflation → spread → crédit → output ; (3) dette × spread → charge d'intérêts → déficit (contrainte budgétaire intertemporelle). Les coefficients sont calibrés sur des ordres de grandeur zone euro (2022-2023), pas sur une estimation économétrique.